Partager l'article ! La Mongolie avec Oyumaa: Pour rappel, Oyumaa a été notre guide en Mongolie mais seulement pendant les 5 premiers jours de notre séjour... ...
Pour rappel, Oyumaa a été notre guide en Mongolie mais seulement pendant les 5 premiers jours de notre séjour... Pourquoi ? Vous allez le découvrir un peu plus loin.
Retour donc sur les 6 premiers jours de notre séjour mongol.
Le 29 juillet, nous retrouvons Tonton/Parrain Kriss à Ulan-Bator (UB), capitale de la Mongolie. C'est notre premier contact avec la Mongolie et franchement ce n'est pas le meilleur souvenir que nous garderons de ce pays.
Nous étions prévenus: UB, c'est pollué et pas franchement très beau... La pollution, on ne l'a pas ressenti mais il parait que c'est en hiver lorsque tout le monde se chauffe au charbon que c'est le plus vrai.
La ville est surprenante parce que c'est la capitale et pour autant le centre-ville est très petit. On n'a pas l'impression d'être dans une capitale d'autant que l'on croise pas mal de Mongols en tenue traditionnelle (le "deel"). Après un déjeuner tardif dans ce qui sera notre dernier restaurant occidental pour les 15 prochains jours, nous allons au magasin d'état faire le plein de gâteaux et sucreries en tout genre pour notre voyage.
L'hôtel n'est pas au top: propreté plus que moyenne, eau chaude pas très chaude, porte de la SDB qui ne ferme pas...
Le 30 juillet, nous faisons la connaissance d'Oyumaa qui sera notre guide. Nous partons au monastère de Gandantegchilen faire bénir notre voyage. C'est l'occasion pour les garçons de donner des graines aux pigeons.
Après le déjeuner et la visite d'une usine de cachemire, nous prenons la route pour le Parc National de Khustai qui abrite les chevaux sauvages de Przewalski (les "Takhi"). Ces chevaux avaient totalement disparu de la Mongolie dans les années 1920, suite aux parties de chasse intensive organisées par les Russes. Heureusement 15 avaient été capturés en 1900 et vivait en captivité aux Pays-Bas. Grâce à leur réintroduction, ils sont aujourd'hui 1500 à vivre dans le Parc. Ce sont les derniers chevaux que l’homme n’a pas réussi à domestiquer.
Les garçons vont pouvoir approcher ces chevaux en fin de journée lorsqu'ils viennent au bord de l'eau pour se rafraîchir. Mathilde et moi-même (qui ai une migraine pas possible) restons sous la yourte pour nous reposer.
C'est notre première nuit sous la yourte et je m'aperçois que cela ne va pas être simple pour moi d'y dormir... Il y a plein de petites bêtes partout: des araignées, des souris, des mille pattes,... on est dans la steppe et la yourte est juste posée sur la terre. Ce sera le cas pendant les 10 jours à venir... Au secours, pourquoi je suis venue en Mongolie ?!? Ah oui je me souviens... J'ai vu un super reportage (ici) qui m'a donné envie d'y aller et Sidi a fini de me convaincre que cela serait formidable... Cette nuit-là je ne dors pas beaucoup.
Le 31 juillet, nous reprenons la route pour les splendides formations rocheuses de Khogno Khan. Nous prenons notre premier pique-nique dans la steppe et le paysage est à couper le souffle. On mesure la chance que l'on a de vivre cette expérience.
L'après-midi, nous visitons le monastère d'Erdene Khambiin qui date du XVII° siècle et fût construit dans la montagne par Zanabazar, en l'honneur de son professeur, le moine Erdene. Ce sont surtout des ruines que nous voyons car ce monastère comme beaucoup en Mongolie a été détruit par les soviétiques.
Nous filons ensuite nous installer dans notre tipi et repartons cette fois à cheval découvrir le parc et sa diversité: steppes semi-désertiques, taiga, formations rocheuses impressionnantes, fracture de sable longue de 80 km caractérisent cette région aride appelée « le mini Gobi ».
C'est notre première balade à cheval. Mathilde est dans le porte-bébé avec un cavalier, JBou et Junior chacun avec un cavalier également, Tonton Kriss, Sidi et moi-même chacun sur un cheval. La veille, Oyumaa a expliqué que les chevaux mongols sont un peu sauvages et qu'il faut donc être très prudent... Tout ça n'a rien de rassurant pour moi qui n'aime pas franchement monter sur ces bêtes.
La balade se passe plutôt bien. Il y a juste le cheval de Tonton Kriss qui est un peu cabochard et qui refuse d'avancer. Il est donc rattaché à un autre cheval... Tout va bien jusqu'à ce que Sidi et moi-même décidions de faire un peu de trot. Le cheval de Tonton Kriss voyant cela veut faire la même chose voire même partir au galop. Tonton Kriss choisit de "tomber" du cheval. Pas de blessure, même pas un bleu mais quelques échardes dans la main.
Le retour se fait à cheval pour les garçons et en voiture pour les filles (1h30 de cheval, c'est suffisant pour Mathilde!).
La seconde nuit sous le Tipi se passe mieux pour moi: je dors !
Le 1er août, nous partons pour Kharkhorin, l'ancienne capitale des Mongols. La cité légendaire de Gengis Khaan a été fondée en 1220 et fût l'une des ville-étapes de la route de la soie. C'est à partir de cette ville que l'empire mongol a été gouverné jusqu'à ce que Kublai Khan installe la capitale à Pékin. Aujourd'hui, il ne reste que quelques vestiges de la capitale. Nous visitons le monastère d'Erdene Zuu, construit en 1586 par un prince nomade. Les bâtiments, d'inspiration chinoise et tibétaine, sont entourés de 108 stupas sacrés.
Nous déjeunons ensuite chez une famille du village: c'est le premier contact des p'tits loups avec des enfants mongols. L'après-midi, nous quittons définitvement la route pour la piste... Et quelle piste ! De la piste qui, tout au long du voyage, nous secouera et fera vomir presque tout le monde. En fin de journée, nous atteignons les sources chaudes de Tsenkher.
C'est l'occasion pour les garçons et Mathilde de se baigner dans la piscine. Quant à moi, je suis de corvée de lavage des vêtements et du Doudou de Raphaël qui ont "morflé" lorsque ce dernier a vomi le matin dans la voiture ! Certains disent que cela m'arrange bien car je n'ai que moyennement envie de me baigner vu la température extérieure... Je les laisse parler...!
Le 1 août, nous traversons les Monts du Khangai pour nous rendre dans la vallée de l’Orkhon. Nous pique-niquons dans un cadre magnifique mais au milieu des mouches, taons et autres bestioles,... Pas du goût de tout le monde !
Après le repas, nous partons à l'assaut de la montagne pour atteindre le monastère de Tovkhon où Zanabazar, le premier chef religieux de Mongolie, composa l'alphabet Soyombo. Depuis ce monastère situé à 2 312 mètres d'altitude, nous avons un magnifique panorama sur toute la chaîne du Khangaï.
3 heures de balade aller-retour: autant dire que la redescente en 4x4 dans la vallée de l'Orkhon se fait dans le plus grand silence du côté des p'tits loups ! A quelques kilomètres de la famille d'éleveurs qui va nous accueillir pour 3 nuits (nos premières nuits chez l'habitant), la route est en très mauvais état suite à un glissement de terrain.
Un 4x4 est dans une fâcheuse situation: une de ses roues est dans un trou et il ne peut plus bouger bloquant la seule portion de route praticable... Notre chauffeur va voir ce qu'il se passe; Sidi et Tonton Kriss également. C'est un groupe de Français qui est bloqué. Visiblement, ils sont assez dépités car d'après eux, leur chauffeur conduit très mal et dangeureusement et leur guide âgée de 19 ans parle à peine trois mots de français... Après plusieurs minutes de discussion entre notre chauffeur et l'autre, la décision est prise que notre véhicule va aider l'autre à reculer et sortir sa roue du trou. Ce qui est dit et fait et vite fait. Nous sommes soulagés: la route est débloquée et nous passons sans difficulté. Nous n'aurons pas de détour à faire pour rejoindre notre camp.
Nous arrivons donc tard chez nos hôtes, dînons rapidement dans leur yourte de pâtes mongols (pâtes, pommes de terre, carotte et viande de mouton séchée) et rejoignons nos yourtes pour coucher les petits qui sont bien fatigués.
Le 3 août, nous découvrons un peu mieux notre campement et notre famille d'accueil: le chef de famille, sa femme enceinte de 7 mois (il faut avoir l'oeil aiguisé pour s'en apercevoir... à deux mois de l'accouchement, elle ne s'économise pas et n'a pas pris beaucoup de poids) et leurs 3 enfants âgés de 13, 15 et 17 ans en vacances d'été (toute l'année, ils sont à la ville pour leurs études).
Après le petit-déjeuner, nous partons à cheval jusqu'aux chutes d'Ulan Tsutgalaan hautes de 16 mètres. Elles se sont formées
il y a 20 000 ans à la suite d'une combinaison unique de tremblements de terre et d'éruptions volcaniques.
La balade à cheval est agréable. Les enfants, comme la fois précédente, sont tous en compagnie de cavaliers de la famille: Junior avec le chef de famille, JBou avec un cousin et Mathilde avec le
fils. Le sol est constellé de pierres que les éruptions volcaniques ont mis là il y a des milliers d'années. Le temps est couvert.
Après le pique nique du déjeuner, nous allons jusqu'aux chutes d'eau.
Les garçons profitent du ruisseau pour se baigner, lancer des cailloux et faire une bataille d'eau avec des enfants.
Le cadre est bucolique et nous passons un agréable moment.
Puis, c'est l'heure du retour à cheval. Mathilde est fatiguée et nous décidons que Sidi fera le trajet retour avec elle dans le 4x4 (moi-même ayant fait une partie de l'aller avec elle dans le 4x4). Les garçons quant à eux ne veulent pas entendre parler de 4x4 et nous partons donc tous sauf Sidi et Mathilde à cheval.
Le temps se gâte et au loin, nous entendons le tonnerre... Tonton Kriss commence à s'inquiéter de la réaction des chevaux face à l'orage, le sien partant à deux reprises au galop sans qu'il ne demande rien. Junior s'est endormi et son cavalier le ramène dans le 4x4. L'orage se rapproche encore... Tonton Kriss s'arrête et descend de cheval. Oyumaa dit que tout le monde va descendre car l'orage s'est encore rapproché. Et puis, soudain, un coup de tonnerre énorme retentit dans la vallée et c'est le début du quart d'heure le plus long de ma vie... Celui que je passe sur mon cheval lancé au galop sans pouvoir l'arrêter... Au début, je hurle pour que quelqu'un me vienne en aide tout en essayant en vain d'arrêter ma monture puis je me résigne à rester dessus et à retourner au camp avec lui. Les coups de tonnerre régulier entretiennent le galop de ma monture. Je vois tous les chevaux du groupe nous rejoindre et j'en déduis que tous les autres cavaliers sont descendus... Et puis, au bout d'un quart d'heure, je vois le cavalier de JBou me rattraper, me faire signe de tirer très fort sur les rennes de mon cheval pour l'arrêter, se mettre à ma hauteur avec le sien, et enfin m'aider à descendre de mon cheval. Ma première question est de savoir comment va JBou qui était initialement avec lui. Il me répond "machine" ce qui veut dire voiture en mongol. Il me désigne ensuite le camp du doigt (pas loin du tout) et me fait signe que lui va retourner en arrière... Au bout d'un moment, je vois le 4x4 venir à ma rencontre avec à son bord Sidi et Oyumaa. Sidi me prend dans ses bras, Oyumaa vient me demander si tout va bien, si je ne suis pas blessée... Je sens à sa voix que quelque chose cloche... Sidi m'apprend alors que, malgré sa grande expérience (elle monte depuis qu'elle marche comme tous les Mongols) elle est tombée de cheval, que sa tête a heurté un rocher et qu'elle a perdu connaissance... Son cheval s'est cabré face à un rocher et l'a projeté dessus. Elle était seule au moment où cela s'est produit puisque son cheval est, comme le mien, parti au galop sans qu'elle ne puisse l'arrêter et on ne sait pas combien de temps elle est restée inconsciente. Ce qui est sûr, c'est qu'elle ne se rappelle plus de nos prénoms ni rien de ce qui s'est produit.
J'apprend aussi que le cavalier de Junior est tombé mais qu'il n'a rien. Heureusement que Junior était dans le 4x4. Le cavalier de JBou a été le seul à arrêter son cheval... Il a fait descendre JBou, l'a donné à Tonton Kriss et est parti au galop pour me rattraper.
Sidi me raconte aussi qu'il n'en a pas crû ses yeux quand il m'a vu doubler le 4x4 lancé à vive allure sur mon
cheval...
Nous retournons au camp. Pendant les 2 heures qui suivent, Tonton Kriss reste auprès d'elle pour la faire parler pendant que j'appelle l'agence pour leur signaler l'incident et leur dire qu'il faut qu'elle voit un médecin. Au bout d'une heure et demie et sans nouvelles de l'agence, je les rappelle et finalement, ils organisent son rappatriement dans l'hôpital de campagne situé à 25 km de notre campement.
Tonton Kriss l'accompagne ainsi que le chef de famille et bien sûr le chauffeur. Il est 19h, la nuit ne va pas tarder à tomber lorsqu'ils partent. Ils rentreront sans Oyumaa à 23h... Les pluies ont rempli les ruisseaux qu'il est du coup difficile de traverser avec le 4x4... Oyumaa a très mal pendant tout le trajet car en plus du choc sur la tête elle a mal à la hanche. Ils sont obligés de s'arrêter plusieurs fois car elle vomit... Arrivée dans l'hôpital de campagne, elle voit un médecin traditionnel qui la manipule... puis un médecin "normal" qui lui prescrit des piqûres. Tonton Kriss réussit à la convaincre de rester à l'hôpital pour la nuit... Elle attendra ensuite 2 jours pour être rappatriée sur UB... où elle fera des examens presque une semaine après l'accident... Au final, elle n'a rien: des bleus, des contusions mais rien de grave et heureusement parce que, sinon, je ne crois pas qu'elle aurait été soignée correctement.
Quant à moi, j'ai eu peur, vraiment très très peur... Je suis très inexpérimentée (3ème fois que je montais) et c'est la première fois que j'étais sur un cheval au galop. Je me suis vue tomber sur les rochers, me casser quelque chose,.... et finalement je m'en sors indemne... Juste quelques petits bobos et des bonnes courbatures.
En discutant ensuite avec Oyumaa, elle nous a dit que les chevaux mongols restent toujours à moitié sauvages. Ils sont libres (jamais attachés), ils ont à manger (surtout dans cette vallée particulièrement verte),... Si les propriétaires ne les montent pas pendant quelques jours, ils redeviennent complètement sauvages et alors cela devient difficile de les monter à nouveau...
Cet incident nous a "vacciné": nous ne sommes plus remontés à cheval pendant notre séjour mongol.
Les garçons, qui n'ont pas eu conscience de ce qui s'est passé, ont adoré monter à cheval et moi, j'ai trouvé que, malgré les circonstances particulières, le galop était bien plus agréable que le trot...
On remontera à cheval en 2013 à Nancy chez Parrain Koogar !
Voici quelques photos de ces 6 premiers jours en Mongolie:
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